Le nouveau peuple animalier.
Après de longs mois passés en Asie, explorateurs et marchands, ils sont de retour en Europe. La caravane les accompagne, chargée d'épices, de soieries, de plantes médicinales et autres trésors bien cachés au fond des paquetages et des fontes. Pour leur arrivée en ville, les chameaux de Bactriane, les dromadaires de Mésopotamie et des Indes, éventuellement suivis des yacks de Mongolie et du Tibet, sont spécialement parés et caparaçonnés ; leurs cloches et clochettes sonnent à leur encolure.
Occidentaux ou orientaux, les hommes s'appuient sur leur bâton de marche. Fatigués de chemins et de poussière, ils ne parlent qu'en phrases sobres, parfois en un dialecte inconnu qui force l'imagination. Les senteurs, les couleurs et la musicalité de leurs mouvements offrent une teinte magique à ce tableau.
Ils ont emprunté la mythique route de la soie, ouverte par un général chinois du nom de Zhang Qian, deux siècles avant notre ère, marchand dans les traces du frère Guillaume de Rubrouck qui avait précédé Marco-Polo.
Une fois déposé les bagages et délivré les animaux de leurs bâts, ils ne seront pas avares de récits de voyages, de contes et légendes, nouveau savoir collecté sur le chemin. Les enfants pourront venir toucher les bêtes et même les enfourcher pour devenir, le court instant d'une ballade, à leur tour d’intrépides conquérants. . .
Profitant de l'exposition des animaux, un caravanier tiendra à les présenter au peuple qui se presse, avide de curiosité. Il pourra même se livrer à une démonstration de dressage éthologique, prouvant les aptitudes naturelles de ses compagnons de route. Mais, est-ce la fatigue du voyage ou l'âge avançant, il aura peut-être un trou de mémoire, ne se rappelant plus le nom des animaux, ni leur provenance : quelqu'un pourra-t-il l'aider ?
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